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AU TESTET, LA REPRESSION POLICIERE A TUE

Rémi Fraisse

 

Communiqué du Parti de Gauche

Lors du rassemblement d’opposants au barrage de Sivens réunis sur le site du Testet le 25 octobre, le jeune Rémi Fraisse est décédé, victime d’une explosion. Le Parti de Gauche adresse toutes ses condoléances à sa famille, ses proches, ses amis et ses camarades.

C’est une triste première depuis la mort de Malik Oussekine en 1986. Car quelle qu’ait été la situation dans la nuit de samedi à dimanche, quelle que soit au final l’origine de l’explosion, rien ne justifie de la part des forces de l’ordre l’utilisation anormale d’armes (flash-ball, grenade…) dont on sait qu’elles peuvent tuer.

Nous soutenons la plainte déposée par la famille pour “homicide volontaire”.Nous exigeons avec elle l’ouverture d’une information judiciaire afin qu’un juge d’instruction indépendant fasse toute la lumière sur les circonstances du décès de Rémi. La chaine de commandement placée sous l’autorité du Préfet et donc du ministre de l’Intérieur a manifestement failli depuis des semaines sur le site.

Le Parti de Gauche, qui soutient depuis le début le mouvement citoyen contre le Barrage du Testet, condamne cette violence repressive et demande que toutes les conséquences judiciaires et politiques en soient tirées. Après ces événements dramatiques et le rapport du Ministère de l’Ecologie très critique vis-à-vis de ce projet défendu par des élus aveugles, le Parti de Gauche exige l’abandon immédiat du projet de barrage.

 

Et un admirable texte de Jérôme Leroy, pour dire l’horreur que nous inspire la détresse des victimes et la bêtise des bourreaux !

« Il n’aura pas la légion d’honneur à titre posthume. Il est vrai qu’il ne pratiquait pas l’optimisation fiscale, les stock options, les retraites chapeau, le travail forcé en Birmanie, l’empoisonnement du delta du Niger ou des côtes bretonnes, la corruption à l’échelle continentale et le néocolonialisme capitaliste à la sauce Françafrique. Il n’aura donc pas le droit, non plus, aux condoléances serviles et kimiljonguiennes des ordures et des décombres qui contrôlent, certes de plus en plus mal, l’appareil politico-médiatique.

> Il s’appelait Rémi Fraisse, il avait vingt et un ans et il est mort pour empêcher un barrage de se construire et de perpétuer la vision délirante d’une agriculture productiviste qui, ailleurs en France, a déjà transformé des rivières en zones hautement toxiques et fait rôder notre fin dans nos canalisations.

> La manière dont l’enquête multiplie les circonvolutions pour expliquer sa mort rappelle un scénario que même Yves Boisset aurait trouvé caricatural. On attend le moment où le procureur conclura que Rémi Fraisse s’est suicidé en se tirant une grenade lacrymogène dans le dos juste pour embêter les forces de l’ordre.
> Tout le monde ne peut pas mourir, aurait dit Lautréamont, de la rencontre fortuite sur une table de dissection entre un jet privé et une déneigeuse.

> Rémi Fraisse appartenait à cette fraction de la jeunesse qui, de Tarnac à Notre Dame des Landes, des places d’Espagne ou de Turquie aux centres sociaux italiens, de la vallée de Suze à Taksim, d’Exarchia à Occupy Wall street, de ZAD en TAZ, s’est libérée de la matrice et a compris que ce que « nos enfants allaient payer », ce n’étaient pas les intérêts de cette dette fantasmatique inventée par un système aux abois pour domestiquer la population, non, ce qu’ils allaient payer, c’étaient les conséquences écologiques d’un mode de production aberrant.

> Pour un peu méditer cette fin violente, il est peut-être temps de lire A nos amis (La Fabrique) qui vient de paraître sept ans après l’Insurrection qui vient et en confirme tellement d’intuitions. On a toujours raison de se révolter, et de refuser le choix entre une fin effroyable et un effroi sans fin. »

Lire aussi l’article de L’Humanité, ici

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