Accueil // Actus // BEAU TEMPS POUR LES ARMATEURS GRECS !

BEAU TEMPS POUR LES ARMATEURS GRECS !

Preuve de l’insanité médiatique dominante quand on parle de « crise », un article du site Le courrier des Balkans qui montre que tout le monde n’est pas logé à la même enseigne ! Courage, camarades de Syriza… On ne lâche rien !

 » Malgré la crise qui frappe le pays, la marine marchande grecque se porte très bien, grâce notamment aux privilèges fiscaux dont elle bénéficie depuis des décennies. Et si le gouvernement d’Athènes fait mine de vouloir s’attaquer à ces avantages, la réalité démontre qu’il n’en est rien…

Par Pavlos Kapantais

Après avoir cédée la première place mondiale au Japon pendant les premières années de la crise, la flotte marchande grecque l’a retrouvée fin 2013. En effectuant plus de neuf milliards d’investissement l’année passée, les armateurs grecs ont crié haut et fort à qui en doutait que la crise historique que connaît la Grèce ne sera pas capable de les couler.

Leur succès est en net contraste avec l’économie d’un pays qui en est à sa septième année de récession (chute de 0,9% du PIB au premier trimestre 2014), où 26% de la population est au chômage, et où près d’un million de foyers n’arrivent pas à régler leur facture d’électricité… Si le savoir-faire des armateurs grecs n’est plus a prouver, vu qu’ils dominent mondialement depuis plus de cent ans quelle qu’ait été la situation dans le pays, derrière ce succès il y a aussi bien évidemment le régime fiscal exceptionnel dont ils bénéficient.

Celui-ci prévoit qu’ils soient exemptés d’impôt sur leurs revenus ou sur leurs bénéfices, excepté un forfait annuel calculé sur le tonnage de leurs bateaux. Si ce régime est en vigueur depuis plus de 50 ans, il a été rendu inamovible depuis 1974 en étant inscrit dans la constitution.

Mission impossible

Ainsi, difficile pour un gouvernement, même en supposant qu’il en ait la volonté, de changer cette situation : pour modifier la constitution en Grèce, il faut une majorité élargie dans deux législatures d’affilée… Une mission quasiment impossible étant donné l’éclatement de la scène politique grecque actuelle, après cinq ans de crise.

Seule concession : depuis 2013, les armateurs paient aussi une taxe dite de solidarité de 4% sur toutes les dépenses de leurs compagnies établies en Grèce. Cette mesure a été mise en place par le gouvernement Samaras avec le consentement de l’association des armateurs eux-mêmes. Une manière pour eux de dire qu’ils soutiennent de leur plein gré « l’effort national pour sortir de la crise ».

Derrière cet effort de façade, se cache également un petit scandale. En effet, fin 2013, le gouvernement Samaras faisait passer une loi au parlement, qui prévoyait de tripler pendant trois ans la taxation du tonnage des bateaux des armateurs. Plus de cinq mois plus tard, les décrets d’application de cette loi n’ont toujours pas été signés par les ministères concernés, ce qui permet au Premier Ministre de ne pas se heurter à ces mastodontes de l’économie grecque tout en laissant entendre à l’opinion publique que c’est le cas.

Armateurs ou porte-parole du gouvernement ?

Pour ceux qui douteraient du soutien des armateurs au gouvernement Samaras, les récentes déclarations de Theodoros Veniamis, président de l’Association des armateurs de Grèce, lors de l’ouverture du salon maritime international Possidonia ressemblent à s’y méprendre à celle du porte-parole du gouvernement Samaras : les chiffres macro-économiques s’améliorent, la reprise arrive bientôt…

Et si parmi les armateurs il y a des mécontents ils peuvent aussi, dans le contexte politique actuel, faire de la politique directement. En effet, Vagelis Marinakis, l’un des plus grands armateurs du pays et président du club de football de l’Olympiacos, a décidé de renforcer son emprise sur la société grecque en faisant élire le vice-président de son club de football, Gianis Moralis, comme maire de la ville du Pirée. Celle-ci était jusqu’ici détenue par un maire de Nouvelle Démocratie, le parti du Premier ministre Antonis Samaras.

L’opération fut couronnée de succès puisque Giannis Moralis a été élu ce 25 mai haut la main, avec plus de 55% des suffrages contre le maire sortant. Et ceci dans la deuxième plus grande municipalité du pays : un avertissement clair pour tout parti ou tout homme politique qui voudra aller contre leurs intérêts. Au pays d’Ulysse, les armateurs ne connaissent donc toujours pas le mauvais temps…

L’article sur le site du Courrier des Balkans

Laisser un commentaire

Copyright © 2009 Le front de Gauche Barsuraubois. All rights reserved.
Designed by Theme Junkie. Powered by WordPress.