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CONFERENCE SOCIALE : UN MARCHE DE DUPES

CGT Santé

Après Solidaires, c’est au tour de la CGT, FO et la FSU de boycotter la deuxième journée de cette mascarade. Ce week-end, se déroulaient les Rencontres économiques organisées par le Cercle des économistes, proche des milieux financiers, et regroupant de nombreuses personnalités, comme C. Lagarde, L. Gallois, P.Gattaz ainsi que  M. Sapin et L. Fabius.

Rassurer les investisseurs, baisser le coût du travail, moins de dialogue social, thèmes chers au patronat et abordés par F. Hollande lors de la Conférence sociale. Bien avant qu’elle ne commence, les jeux étaient déjà faits, sans les syndicats mais avec les patrons.

 Federation CGT de la Santé et de l’action sociale

                              Déclaration CGT  lors de la réunion du 10 juillet portant sur la concertation de la future loi santé

 

Nous avons décidé de marquer notre désaveu vis-à-vis des politiques sociales menées par le gouvernement, en particulier sur les questions d’emplois, de pouvoir d’achat et de protection sociale en quittant la Conférence Sociale et en refusant de participer aux tables rondes de la deuxième journée.

Le gouvernement avait annoncé la réhabilitation du dialogue social. Nous avons joué le jeu en acceptant de passer de nombreuses heures de travail autour du Pacte de Confiance, participant aux auditions de la mission COUTY. À chaque fois, nous avons exprimé nos besoins, avancé nos propositions et nous constatons avec regret que les politiques menées prennent des voies diamétralement opposées.

Nous sommes aujourd’hui conviés à une réunion dite de concertation de la future loi santé en plein été, sans garantie que le sujet sera d’actualité dans les mois à venir, pour une loi annoncée de longue date et sans cesse reculée.

Comment maintenir notre confiance alors que des sujets essentiels pour les salariés de la santé et de l’action sociale restent en suspens, pire, sont traités en leur défaveur. Nous constatons trop souvent que les organisations syndicales des salariés ne bénéficient pas de l’écoute attentive dont bénéficie le MEDEF. Les exemples sont trop nombreux :

– la question de la pénibilité et des conditions de travail particulièrement prégnante dans notre secteur de la santé et l’action sociale, où le taux de sinistralité est parmi le plus élevé. Le compte pénibilité pour les salariés du secteur privé est reporté. Dans la Fonction publique hospitalière, le précédent gouvernement a supprimé la catégorie active pour les nouveaux personnels soignants et aujourd’hui une nouvelle interprétation des textes remet en cause les départs anticipés pour les professionnels partant à la retraite.

– Sur les ordres et en particulier sur l’ordre infirmier, la Ministre s’était engagée lors de la 1ère réunion du Conseil Supérieur de la Fonction Publique Hospitalière à supprimer l’obligation d’adhésion pour les professionnels salariés. Depuis, toujours rien, et aujourd’hui l’ordre en question, dont la légitimité a été largement contestée lors de ses élections, exerce des pressions inacceptables sur les salariés et leurs employeurs.

Depuis des mois, à chaque fois que nous portons à votre connaissance les difficultés rencontrées par les salariés en vous demandant d’intervenir pour régler définitivement le problème, vous nous annoncez que des réponses figureront dans la future loi de santé. Le projet que vous nous présentez aujourd’hui est muet sur l’essentiel de nos revendications.

Nous refusons aujourd’hui de participer à une énième réunion dite de concertation. Vous nous présentez aujourd’hui le squelette de la future loi, qui ne peut nullement nous rassurer. Nous sommes toujours sur un affichage d’intention prêtant à de nombreuses interprétations.

Nous sommes totalement opposés à la méthode que vous avez choisie, à savoir définir les moyens financiers avant les orientations. En effet, la loi de finance rectificative de financement de la sécurité sociale votée cette semaine impose de nouvelles contraintes financières aux établissements sanitaires, médico-sociaux et sociaux avec un ONDAM général amputé de 800 millions d’euros. Le PLFSS 2015 qui sera voté au dernier trimestre de cette année ira encore plus loin avec un objectif de réduction des dépenses que nous n’avons encore jamais connu dans la sécurité sociale.

Le service public de santé et d’action sociale est étranglé, incapable de répondre aux nouveaux besoins et d’investir pour faire bénéficier la population de nouvelles avancées médicales et techniques, faute d’investissement. Les personnels sont au bord de l’épuisement, le service public survit grâce à leur conviction professionnelle et à leur attachement aux personnes qu’ils prennent en charge. Au lieu de les encourager et de les soutenir, vous bloquez leur salaire, remettez en cause leur acquis sociaux. Quelle ingratitude, quel mépris !

Trop c’est trop, la corde va casser et la montée des conflits sociaux dans notre secteur en témoignent. Ils sont légitimes et la CGT se battra avec détermination pour que la voix des salariés et des usagers de nos établissements soit prise en compte et que le gouvernement mène la politique sociale tant attendue.

Pourquoi s’inscrire dans un débat d’une future loi dont le cadre est défini préalablement. Quelle concertation, quelle écoute possible alors ?

Le gouvernement a refusé de revenir sur la loi libérale « Patient, Santé et territoire », il la prolonge dans ses actes, dans les lois qu’il soumet au parlement et dans le cadre budgétaire d’austérité qu’il poursuit.

Nous refusons que le service public de santé et d’action sociale soit sacrifié et la loi du marché et le projet de loi santé que vous préparez ne le garantie nullement, au contraire il amplifie le flou entre service public et service d’intérêt général. La CGT ne transigera jamais sur le principe que les finances publiques et les cotisations sociales doivent être au service de l’intérêt général et non à celui d’intérêt personnel, en particulier d’actionnaires.

Toutes les lois concernant la santé se sont attaquées au service public de santé et d’action sociale, aux droits des assurés sociaux, elles ont été défaillantes sur l’organisation de la médecine libérale. Résultat aujourd’hui nous avons un système de santé dérégulé avec une explosion des dépassements d’honoraire, une liberté d’installation qui a installé des déserts médicaux, une permanence de soins en ville quasiment inexistante et l’hôpital qui palie toutes ses défaillance est sans cesse amoindrie.

La démocratie sociale n’est pas au rendez-vous de cette future loi, alors que tous les acteurs reconnaissent qu’elle manque cruellement au niveau de notre système de santé, tant au niveau de la gouvernance des établissements, dans les caisses de sécurité, que dans les ARS.

Ce n’est pas ce que vous nommez la démocratie sanitaire que vous mettez en avant qui peut s’y substituer. La parole des associations de patients doit être prise en compte mais à aucun cas se substituer à la parole des organisations représentatives des salariés professionnels de nos secteurs qui font fonctionner les services ni aux salariés de notre pays qui financent par leur cotisations sociales le système de protection sociale et qui ont leurs mots à dire sur l’utilisation de leurs deniers.

Nous ne participerons pas à cette énième réunion, nos propositions sont connues, nous les remettons une nouvelle fois aujourd’hui. Nous attendons maintenant des actes et des écrits qui les prennent en compte.

 

 

 

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